Les candidats aux primaires PS au « banc d’essai » (1/4) : Marie-Arlette Carlotti

Image

Nous avons rencontré quatre des six candidats (les quatre premiers à s’être déclarés qui sont également ceux que les sondages placent en tête) aux élections primaires du PS dont le premier tour se déroule dimanche 13 octobre. Nous leur avons posé les mêmes questions articulées autour de trois grands thèmes (Inégalités-Insécurité- Clientélisme) qui se dégagent de cette campagne avec la volonté de creuser leur projet pour Marseille, en dehors de toutes considérations tactiques ou stratégiques. Publication par ordre alphabétique. Aujourd’hui : Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux personnes handicapées et à la lutte contre l’exclusion.

 

Bio Express

Née en 1952 à Béziers

Cadre dans l’industrie aéronautique

Députée européenne de 1996 à 2009

Conseillère générale depuis 1998

Elue députée en juin 2012 face au sortant UMP Renaud Muselier

Site : Carlotti2014.fr

Sa formule qui résume le projet : « Je veux déclarer la guerre à la pauvreté et à la précarité, ni avec des chars d’assaut, ni avec des drones, mais avec de la création d’emplois. »

Sa première décision en tant que maire : « Réunir un comité de sécurité restreint avec l’ensemble des partenaires, comme je le ferai chaque lundi. Les deux facettes – répression et prévention –seront représentées. »

Les phrases-clés :

« A Saint-Barthélémy, ils n’ont jamais vu Jean-Claude Gaudin de leur vie. »

« Vous m’avez posé une question sur l’insécurité, je vous parle beaucoup d’emploi, car c’est ma réponse. »

« Ce système clientéliste n’est ni de droite, ni de gauche. Il est partout. »

 

INÉGALITÉS

« Il y a deux villes, certes, mais je dirais que Marseille est plus éclatée encore : elle est en mille morceaux. C’est une ville à plusieurs vitesses. Certes, les quartiers nord ont été trop longtemps laissés à l’abandon mais la pauvreté et la précarité sont partout dans la ville.

Je ne suis pas d’accord avec l’idée que Gaston Defferre a abandonné les quartiers nord. L’hôpital Nord, l’hôpital Lavéran, c’est qui ? Les grandes infrastructures, c’est Defferre. C’était une période positive, faste. Avant, même les jeunes qui n’avaient pas de qualification trouvaient du boulot. La responsabilité, c’est que depuis trois mandats, rien n’est fait. Ces quartiers ont été abandonnés alors qu’il y a un potentiel : toutes les villes-ports sont en train de redémarrer, sauf Marseille. J’étais dans le quartier de Saint-Barthélémy, il y a peu : ils n’ont jamais vu Jean-Claude Gaudin de leur vie. Ce n’est pas le Marseille qu’il aime. Le Marseille qu’il aime, c’est le Marseille de la Provence ancienne. Et puis, il faut aussi balayer devant sa porte : les élus (socialistes, NDLR) de ces quartiers ne se sont pas toujours bien comportés. »

(Sur les transports) « On vient de se doter d’un outil : la métropole. Jusqu’ici, le débat a porté sur l’institution. Cela a créé des clivages qui ne sont pas de vrais clivages, sur le fond. Le débat de fond sur la métropole commence maintenant : quelles politiques mettre en place ? Maintenant, les clivages vont changer. Rien ne pourra se faire sans le développement des transports en commun. Nous sommes la seule ville qui n’a pas fait reculer la voiture. Je formule un certain nombre de propositions (bus en sites propres, un VAL vers l’aéroport, interdiction des poids lourds, pistes cyclables, mise en place de la billetterie unique). Bien sûr que j’ai envie de dire oui à la gratuité mais j’ai d’abord envie de voir comment développer des tarifs sociaux afin de  ne pas mettre en péril financier la ville et la RTM.

Quant aux financements, il y a peu de marges. Vous avez vu le rapport de la chambre régionale des comptes sur l’endettement de la ville ? Certains projets (gare Saint-Charles, L2) seront financés par l’Etat. On trouvera aussi des financements via la RTM. Je propose la réorientation vers des projets moins coûteux : je ne propose pas une grande extension du métro car cela coûte très cher. Les transports en site propre (bus et tram), c’est moins onéreux. Je regarderai tout de même comment étendre le métro jusqu’à l’hôpital Nord et vers la technopôle de Château-Gombert. »

 

INSÉCURITÉ

« Intraitable contre l’insécurité et contre les causes de l’insécurité : telle est mon approche. Il y a des systèmes mafieux qu’il faut démanteler. Il faut continuer à développer le renseignement, comme le fait Manuel Valls, développer la police judiciaire et avoir des forces de police nationale. Je souhaite également que le maire ne se déresponsabilise pas. Je propose de tripler les effectifs de la police municipale : nous serons alors au même niveau, en rapport de la population, que Nice et Lyon.

Je n’oublie pas l’essentiel : la question sociale. L’insécurité naît de la pauvreté, du désarroi de jeunes qui sortent du système scolaire sans formation, auxquels on ne propose rien. Les emplois d’avenir, c’est un moyen parmi d’autres de remettre le pied à l’étrier. Le maire actuel ne veut pas, par idéologie, créer le moindre emploi d’avenir dans la ville. 12000 jeunes sont allés au Pôle Emploi pour dire : on veut un boulot, on n’est pas des glandeurs. Nous engageons, au niveau national, la réforme de la qualification professionnelle. Je veux également soutenir l’économie sociale et solidaire.

On ne créera plus d’emplois publics. Il nous faut surtout de l’emploi privé : il faut en créer 100000 emplois en dix ans à l’échelle de la métropole. 4000 emplois peuvent être créés, me dit-on, dans la réparation navale avec la forme 10. Je prends. La métropole sera la plateforme indispensable pour démarrer ce combat pour l’emploi. Vous m’avez posé une question sur l’insécurité, je vous parle beaucoup d’emploi, car c’est ma réponse.

(Sur le statut pénal du cannabis) « Ce serait un mauvais signe qui pourrait apparaître comme du laxisme. »

CLIENTÉLISME

« C’est un système de petits arrangements entre amis, de « combinazione », qui sert les copains, les cousins, les proches, en échange de quelque chose. C’est un système qui asservit les citoyens, qui ne fonctionne pas parce que la ville est pauvre et qui détourne nos politiques publiques. Exemple : il manque de logements sociaux à Marseille. Quand on en construit un, à qui le donne-t-on ? A quelqu’un qui a un piston. Or, 30000 familles attendent un logement social. Pareil pour les places en crèche. Le clientélisme, c’est donner des choses aux gens alors qu’ils y ont droit.

J’y suis opposée pour trois raisons :

–         Pour des raisons morales et éthiques

–         Cela pollue nos politiques publiques

–         Pour l’atteinte à l’image de Marseille. On a l’impression que c’est notre atavisme. Ca ne l’est pas.

Les Marseillais n’en veulent plus.

(Sur les origines du clientélisme). Je ne sais pas. Je n’étais peut-être pas née. Vous voulez dire sous Gaston Defferre ? Il est peut-être né dans l’après-guerre. La solidarité est devenue ensuite l’accompagnement. Ce que je sais, c’est qu’aujourd’hui, plus la ville est en crise, moins cela marche, moins c’est efficace. Or, il se trouve qu’il y a des élus qui ne savent faire que cela, que répondre à des doléances. Je comprends qu’il faille répondre à nos concitoyens mais la réponse est de mettre en place des politiques publiques et on ne demande rien en échange. Je veux créer des emplois pour tous, pas pour mes amis.

Ce système, tout le monde en a profité, à tour de rôle. Ce système n’est ni de droite, ni de gauche. Il est partout. Quand il n’y a pas de politiques publiques cohérentes, égalitaires, pour tous, on remplace par le clientélisme. Cela devient un tic pour des élus qui ne savent pas faire de la politique autrement que par le piston. »

Publicités
Catégories : Entretien | Poster un commentaire

Navigation des articles

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :