Territoire métropolitain : ce que nous apprend le diagnostic de l’INSEE

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Parlons un peu d’autres choses que des primaires socialistes. L’INSEE a présenté il y a quelques jours une analyse sur « la métropole Aix-Marseille-Provence » (dont vous retrouverez ici les grandes lignes http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=5&ref_id=20320).

A priori, rien de neuf sous le soleil. Le territoire connaît un déficit d’emplois, les déplacements se font massivement en voiture, la périurbanisation se poursuit encore et toujours. Bref, « un territoire fragmenté », comme le titre l’INSEE. Il y a tout de même deux, trois faits si ce n’est relativement nouveaux du moins notables.

Le ralentissement de la croissance démographique

Elle est passée de 0,8% par an sur la période 1999-2006 à 0,4% par an entre 2006 et 2010. Le solde migratoire est devenu négatif : le territoire métropolitain a perdu 12500 habitants entre 2003 et 2008. Si 131000 arrivées ont été enregistrées, elles n’ont pas compensé les 143500 départs. Le solde naturel est désormais le seul carburant de la démographie locale.

Au sein de la zone, se dessine une forme de redistribution : Marseille et Aix sont en déficit migratoire alors que les territoires d’Aubagne et Salon accueillent beaucoup plus de nouveaux arrivants qu’ils ne doivent subir de départs.

Au passage, notons que si Marseille est redevenue « attractive », comme le répète la municipalité sortante, elle est également « répulsive ». Pour le dire de manière moins « bashing », la capitale régionale fonctionne plus comme une sorte d’Ellis Island de la Provence : un point d’entrée plus que d’arrivée de nouveaux habitants qui, dans un deuxième temps, vont s’installer dans le périrubain. Pour Marseille, entre 2003 et 2008, le solde est négatif : 16000 départs de plus que d’arrivées.

Un déficit d’emplois moins important que communément évoqué

Le thème du déficit d’emplois de la zone métropolitaine est devenu une constante du discours de l’opposition socialiste. Patrick Mennucci et Eugène Caselli parlent de 100000 emplois manquants. Marie-Arlette Carlotti, elle, avance le chiffre de 122000. L’INSEE a bâti un « référentiel » avec les données de quatre métropoles (Lyon, Lille, Bordeaux, Toulouse) qui jouent, grosso modo, dans la même cour que Marseille. Pour atteindre le taux d’emploi moyen de ce « référentiel » (64% contre 59% pour Aix-Marseille), il faudrait créer 62000 emplois. Au-delà de cette faiblesse, Vincent Fouchier,  le directeur de la mission Métropole note un atout : « Nous avons ici des types d’emplois que d’autres n’ont pas : ceux liés à l’activité portuaire. »

Un problème marseillais ou un problème métropolitain ?

Si, sur telle ou telle statistique, chacun des six territoires intégrés par loi dans une même métropole peut s’approcher de la moyenne du « référentiel », aucun ne dispose de la « panoplie complète ».

Taux d’emploi : seul le pays d’Aubagne (63,9%) arrive au niveau du référentiel qui est également la moyenne Française. Toutes les autres zones sont en-dessous, y compris – oh, surprise – la zone de Fos (61,5) et celle d’Aix (61,7). Marseille (56,2).

En matière de cadres des fonctions métropolitaines (anciennement dénommés Emplois métropolitains supérieurs), c’est Aix qui tire son épingle du jeu (13,6% contre 12,4% pour le référentiel et 10,4% à Marseille).

Pour la part des sans diplômes, seul Aix (11,6%) se situe dans les eaux du référentiel (12%), alors que Marseille (18,7%) et le Pays de Martigues (17,7%) sont très en retard.

Tous sont en revanche, presque également, touchés par le fléau de la domination de la voiture.

A la fin de la conférence de presse de présentation de cette étude, nous avons posé deux questions simples à Laurent Théry, préfet délégué en charge du projet métropolitain.

Cette étude ne montre-t-elle pas que si « problème «  de développement économique et social il y a, il concerne toute la zone métropolitaine pas seulement Marseille, même s’il est plus aigu dans cette ville ?

Réponse : « Oui ».

N’y a-t-il pas du coup une sorte d’erreur originelle dans le discours pro-métropole consistant à dire : « Il faut aider Marseille. »

Réponse : « Oui, sans doute. »

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